« Si les anges ne pouvaient pas prendre forme humaine, ils n’auraient pas une manière aussi merveilleuse d’agir. Je crois que parfois, ils raccrochent leurs ailes et sont ici avec nous, dans des corps humains. Regardez ! L’un d’eux me rend régulièrement visite », dit Marie-Rose en riant, tout en désignant le Dr Elias.
Avec un panier rempli de légumes provenant de Charbel, nous entrons dans un appartement en sous-sol à Ajaltoun, où Marie-Rose s’affaire à essuyer l’eau qui recouvre le sol.
« Ça a débordé. Je ne sais même pas pourquoi, peut-être une vanne dans la canalisation principale. L’eau a coulé dans les tuyaux et tout s’est retrouvé ici », dit-elle, sans aucune trace d’amertume ou de colère. Au contraire, elle éprouve une joie proche de l’euphorie à l’idée que des invités viennent de franchir le seuil de sa maison.
Marie-Rose met le panier de légumes de côté – elle en profitera plus tard ; pour l’instant, c’est l’heure du médecin et de notre visite. Elle oublie que tout son appartement est inondé. Elle déplace les objets qui se trouvent sur le canapé et nous invite à nous asseoir. Elle rit, car il vient de se passer quelque chose qui fait que même un appartement inondé n’est plus un problème. Quelqu’un a brisé sa solitude, lui a parlé, lui a demandé comment elle se sentait et ce dont elle avait besoin.
« Moi ? Je n’ai besoin de rien. Aidez cet ange. Tout devrait lui revenir, il sait quoi en faire, à qui le donner. C’est un homme cher et formidable », dit Marie-Rose sans même reprendre son souffle, sans laisser au médecin, visiblement embarrassé, la possibilité de prendre la parole. Il se tourne vers nous et nous fait remarquer discrètement que, mis à part cette visite, la femme n’attend rien, même si elle pourrait demander beaucoup.
Chaque jour, nous voyons à quel point il est important d’être simplement avec ces personnes, de leur tenir la main. Elles n’attendent pas une fortune ou un gain à la loterie, elles ont besoin d’attention et de temps. Marie-Rose se réjouit de cette rencontre, même si nous avons failli la perdre. Il y a quelques mois, elle a échappé de justesse à la mort après être tombée dans une spirale de problèmes de santé. Elle est sous dialyse régulière, ce qui nécessite de la transporter à l’hôpital. Nous veillons également à ce qu’elle ne soit jamais à court de médicaments ou de nourriture. À l’approche de l’hiver, comme toujours, nous l’aiderons également à se procurer du combustible pour le chauffage.
Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des personnes âgées, celles qui rencontrent régulièrement des anges dans leur vie et celles qui ont désespérément besoin d’en rencontrer au moins un. Grâce à vous, c’est possible. Soutenez notre projet en faveur des personnes âgées au Liban.